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Damas, le 1er mars 2010
Sa Sainteté
Le Pape Benoît XVI
Cité du Vatican
Très Saint Père,
La décision de Votre Sainteté de convoquer une Assemblée Spéciale du Synode des Evêque pour le Proche-Orient est une des marques de votre profond amour paternel pour les communautés chrétiennes de Terre Sainte et des pays de cette région qui fut la première évangélisée par les Apôtres.
J'ai déjà eu l'occasion de vous en remercier personnellement lors de votre rencontre avec mes frères Patriarches et Archevêques Majeurs à Castelgandolfo, le 19 septembre 2009.
Mais, sans attendre la tenue de cette Assemblée Spéciale en octobre prochain, je sens le devoir de faire connaître à Votre Sainteté l'inquiétude que j'éprouve devant l'évolution de la conjoncture régionale, dans un sens de plus en plus dangereux pour tous, mais plus spécialement pour les chrétiens de nos pays.
Il s'agit de la montée diffuse mais certaine de l'extrémisme islamique provoquée par les menaces du gouvernement israélien contre les Palestiniens, contre le Liban, contre la Syrie (et contre l'Iran), montée qui se répand dans tous les pays de la région. Même en Syrie, où cet extrémisme était jusqu'à maintenant très limité, ses progrès sont de plus en plus visibles, malgré les efforts contraires du gouvernement.
?Cet extrémisme n'hésite pas à utiliser des moyens terroristes, notamment contre les chrétiens (surtout en Irak et en Egypte), provoquant une nouvelle vague d'émigration de ces derniers.
Mais les chrétiens, s'ils en sont les premières victimes, n'en sont pas les seules. De nouveau, nous nous trouvons en présence d'un nouveau danger d'explosion de toute la région, explosion qui risque de dégénérer à une plus vaste échelle.
Ce que je demande à Votre Sainteté, humblement, mais avec instance, avec beaucoup d'instance (instanter et instantius), c'est que, en plus de la prière fervente et en marge des interventions publiques, qui ne peuvent être que limitées, comme le tout récent appel de Votre Sainteté aux plus hautes autorités de l'Irak, la diplomatie du Saint-Siège redouble d'efforts pour convaincre le gouvernement de Tel Aviv, contre l'opinion de son aile la plus intransigeante - sans doute par l'intermédiaire des Etats-Unis et des pays européens ayant parrainé la naissance de l'Etat d'Israël et l'ayant appuyé depuis lors, qui seraient en mesure d'exercer des pressions efficaces sur celui-ci -, du danger extrême de cette évolution, qui, à moyen et peut-être court terme, va contre les intérêts et l'avenir de l'Etat même d'Israël, lequel a autant besoin de la paix dans la région que les pays arabes, pour pouvoir enfin vivre normalement tous ensemble.
Ayant livré à Votre Sainteté cette pensée qui me hante pendant ce Carême, et confiant dans la force de votre prière et dans l'efficacité de vos directives, je ne peux que réitérer, Très Saint Père, l'assurance de ma filiale dévotion et de mon profond respect dans le Seigneur.
+ Gregorios III, Patriarche
Section pour les affaires générales
N. 146.277
Du Vatican, le 21 avril 2010
Béatitude,
Vous avez écrit récemment à Sa Sainteté le Pape Benoît XVI pour lui faire part de vos réflexions sur les évolutions de la conjoncture au Moyen-Orient. Sa Sainteté vous en remercie cordialement.
Le Saint-Père est particulièrement sensible à la situation des Communautés chrétiennes dans la Région. Dans les épreuves qu'elles traversent, il adresse ses vifs encouragements aux fidèles et à leurs pasteurs, souhaitant que leurs droits légitimes à vivre en paix et en sécurité sur leur terre soit protégés et qu'ils puissent participer pleinement à la vie de leur nation.
Le Pape souhaite aussi que l'Assemblée spéciale du Synode des Evêques pour le Moyen-Orient, qui se tiendra en octobre prochain, contribue à resserrer les liens de communion entre les Communautés orientales catholiques, pour accomplir avec vigueur leur mission, dans un esprit d'ouverture œcuménique et interreligieuse. Qu'à cette occasion, une authentique solidarité des fidèles du monde entier envers leurs frères et leurs sœurs de cette région puisse encore se manifester concrètement!
Alors que l'Eglise entière est dans la joie des fêtes pascales, le Saint-Père, vous confiant à l'intercession maternelle de la Vierge Marie, vous adresse de grand cœur ainsi qu'aux Evêques, aux prêtres et aux fidèles de l'Eglise Grecque Melkite catholique, une affectueuse Bénédiction apostolique.
Je vous prie, Béatitude, d'agréer l'expression de mes sentiments cordialement dévoués dans le Seigneur.
Tarcisio Card. Bertone
Secrétaire d'Etat de Sa Sainteté