Melkite Greek Catholic Church
Rencontre sur l'impact dans les pays arabes
de l'Assemblée Spéciale pour le Moyen-Orient
du Synode des Evêques
(22 mars 2011)
L'invitation de Sa Béatitude le Patriarche Gregorios III à une douzaine d'ambassadeurs pour une rencontre sur l'impact dans les pays arabes de l'Assemblée Spéciale pour le Moyen-Orient du Synode des Evêques Catholiques, le 22 mars 2011, à midi, a été favorablement accueillie.
Ont participé Leurs Excellences:
- M. Martin Aeschbacher, Ambassadeur de Suisse;
- M. Achille Luigi Amerio, Ambassadeur d'Italie;
- Le Docteur Andreas Reinicke, Ambassadeur d'Allemagne;
- M. Nicklas Kebbon, Ambassadeur de Suède;
- M. Rolf Willy Hansen, Ambassadeur de Norvège;
- M. Micha? Murkoci?ski, Ambassadeur de Pologne;
- Madame le Docteur Maria Kunz, Ambassadeur d'Autriche;
- Madame Françoise Gustin, Ambassadeur de Belgique;
- M. Eric Chevallier, Ambassadeur de France;
ainsi que Madame Sydma Aguiar Damasceno, Premier Secrétaire de l'Ambassade du Brésil, et M. José Mar?a Dav? Cabra, Secrétaire de l'Ambassade d'Espagne.
Le Patriarche a introduit la rencontre avec une présentation de l'Eglise Grecque-Melkite Catholique et de la présence chrétienne en Syrie depuis Saint Ananie et Saint Paul, juste après la Pentecôte, ce qui a fait dire au Président Bachar Al-Assad que la Syrie est le berceau du christianisme.; l'Eglise d'Antioche fut en effet la première, après celle de Jérusalem, a recevoir le message de Jésus.
Le Patriarche a ensuite expliqué la signification des trois noms de l'Eglise Grecque-Melkite Catholique:
- "Grecque" (ou romaine), parce que sa première langue fut le grec, pour passer ensuite au syriaque puis à l'arabe; d'autre part, "grec" se dit en arabe "roum" parce que les premiers membres de cette Eglise étaient sujets de l'Empire romain;
- "Melkite" fut le nom donné par les opposants au Concile de Chalcédoine (451) aux chrétiens byzantins dans les Patriarcats d'Alexandrie, d'Antioche et de Jérusalem, nom repris et officialisé par les Arabes à partir de Saint Sophrone, Patriarche de Jérusalem;
- "Catholique" du fait de la communion avec Rome à partir de 1724.
Du fait de ce triple vocable, on voit le rôle œcuménique de cette Eglise sur le plan religieux et pour les relations avec les pays arabes.
Puis le Patriarche a illustré ce rôle lors du premier Concile du Vatican (1869-1870), au sujet de l'infaillibilité du Pape: le Patriarche Grégoire II voulut y présenter le point de vue de l'Orthodoxie sur ce nouveau dogme. Au Concile Vatican II (1962-1965), sur la collégialité, l'un des principaux membres de ce Concile fut le Patriarche Maximos IV. Enfin, l'Assemblée Spéciale pour le Moyen-Orient du Synode des Evêques (octobre 2010) a fait ressortir la relation des chrétiens de la région avec le monde arabe. On peut dire que cette Assemblée synodale a été celle du monde arabe et de l'Islam dans le monde arabe.
En tant que membre de cette Assemblée, le Patriarche Gregorios III a eu le grand souci d'attirer l'attention sur cette situation en écrivant deux lettres aux Chefs d'Etat arabes avant et après la tenue de l'assise synodale pour leur présenter son but puis ses réalisations par rapport aux pays arabes.
Le Patriarche a également donné des conférences explicatives à Beyrouth, à Saïda et surtout à Damas, dans le cadre du congrès international du 15 décembre 2010, organisé par le Ministère syrien des Awqaf (Culte musulman), afin d'exposer l'impact de l'Assemblée synodale pour les Eglises orientales dans les pays arabes et pour l'avenir de la présence chrétienne dans la région.
Dans cette même perspective, le Patriarche a également écrit une lettre aux Cardinaux, aux prélats et aux théologiens latins qui ont participé à l'Assemblée synodale, et une autre aux Chefs d'Etat de plusieurs pays d'Europe et d'Amérique, pour leur dire l'importance de la présence chrétienne dans la région et de sa préservation pour la solution du conflit israélo-palestinien. Si ce conflit n'est pas résolu, il y a un grand danger pour cette présence, qui est menacée par des facteurs démographiques (diminution des naissances) et politiques, notamment du fait des tensions qui pèsent sur les petites communautés chrétiennes, d'où l'importance de la paix, surtout pour les pays du Moyen-Orient et pour la Syrie en particulier, où il y a une convivialité réelle parmi tous les habitants du pays.
Il est important que les pays d'Europe puissent faire pression sur Israël et sur les Palestiniens pour arriver à la paix.
Quelques-uns des Chefs d'Etat d'Europe et d'Amérique ont répondu positivement à la lettre du Patriarche.
L'allocution du Patriarche a été suivie d'une discussion et d'un échange de points de vue. L'Ambassadeur de France, S.E. Monsieur Eric Chevallier, a insisté sur le fait que les chrétiens de ce pays et le Patriarche, en raison de son influence, fassent connaître l'importance de la Syrie, dans le cadre des troubles actuels; et il a appuyé le souhait, formulé par le Patriarche, que les media internationaux ne soient pas trop agressifs envers la Syrie et que, au contraire, ils aident la Syrie à surmonter et dépasser cette tourmente pour que son modèle de convivialité soit préservé.
Les autres Ambassadeurs, qui ont ont aussi exprimé le désir qu'une prochaine conférence fasse mieux connaître la situation des Eglises chrétiennes en Syrie, ont tenu à affirmer que le modèle syrien de convivialité, qu'ils ont constaté, doit être préservé et soutenu. Ils ont souhaité que le Patriarche puisse faire entendre sa voix dans ce sens.
Le Patriarche est très reconnaissant de cette prise de position et a demandé à son tour aux Ambassadeurs qu'ils fassent connaître cela à leurs gouvernements. Il a beaucoup apprécié leur souhait que les media internationaux diminuent leur ton agressif et accusateur envers la Syrie, pays qui a beaucoup d'aspects positifs qui sont à préserver.
Le Patriarche s'adresse aux media pour demander qu'on protège la Syrie du virus de la révolution, car elle a donné beaucoup de preuves de développement, tout en sachant qu'il y a encore beaucoup à faire, et car le Président Bachar Al-Assad est prêt à faire beaucoup plus de pas et à continuer le chemin qu'il a commencé pour l'ouverture, pour plus de libertés (de pensée, de déplacement), pour plus de possibilités de travail.
Le Patriarche s'adresse aux pays européens représentés à Damas et leur demande de soutenir le modèle syrien et de faire passer cette crise qui est en train de pénétrer en Syrie, afin que soit protégé ce modèle de "laïcité croyante, positive et démocratique", modèle pour l'avenir de la Syrie et de la région du Moyen-Orient.
A la fin de la rencontre, le Patriarche conduisit une brève visite de la Cathédrale de la Dormition de la Vierge Marie , puis offrit un repas à ses hôtes.